Le bois, future star de la RE 2020

La RT 2012, qui vise à réglementer les consommations d’énergie des bâtiments neufs , aussi bien résidentiels que tertiaires, vit actuellement ses derniers instants. Elle va en effet être remplacée l’an prochain par la RE 2020, qui fera notamment la part belle au bois.

L’élaboration de cette norme se base sur des expérimentations menées depuis fin 2018 sur des logements pilotes, supervisés par des groupes d’experts et différents acteurs de la construction, afin d’affiner certains aspects techniques. La plupart d’entre eux ont rendu leurs conclusions durant l’été 2019, et sont analysées par le Conseil Supérieur pour la construction afin de définir le cahier des charges final, ensuite validé par l’Etat.

Même si le cahier des charges complet n’a pas encore été dévoilé, ses grandes lignes et axes structurants sont d’ores et déjà connus et donnent une image assez précise des changements qui vont concerner les futures constructions neuves. Selon le calendrier établi initialement, la RE 2020 aurait dû être publiée officiellement au premier semestre 2020, et mise en application dès le début du second semestre. Malheureusement, à cause de la crise sanitaire liée au COVID-19, la nouvelle réglementation a vu son entrée en vigueur repoussée à l’été 2021, afin de laisser plus de temps aux acteurs de la construction pour se préparer.

RE 2020 : un changement de philosophie par rapport à la RT 2012

L’objectif des réglementations précédentes (RT 2005 et RT 2012 notamment) était de diminuer la consommation énergétique des bâtiments, notamment en améliorant leur isolation thermique afin d’éviter les déperditions de chaleur. Le système de chauffage représente en effet le premier poste de consommation énergétique d’un bâtiment. La plus grande nouveauté de cette RE 2020 est d’y ajouter un objectif de diminution de la production de gaz à effet de serre, afin de rendre le logement globalement plus respectueux de l’environnement. C’est ainsi tout le cycle de vie du bâtiment qui entrera en considération pour le calcul des émissions de CO2 (de sa construction jusqu’à sa démolition, en passant par le recyclage de ses composants, et bien sûr l’occupation par des habitants). Ceci constitue un changement majeur dans la façon dont est pensée cette norme, qui était jusqu’à présent une simple réglementation thermique (RT), et qui devient une réglementation environnementale (RE), prenant en compte l’impact global du bâtiment sur l’environnement.  C’est notamment pour cette raison que le bois sera potentiellement de plus en plus utilisé dans la construction neuve dans les années à venir, en tant que matériau renouvelable qui possède de bonnes propriétés d’isolation.

La nouvelle réglementation sera en effet basée sur le label E+/C- (plus d’énergie, moins de carbone) afin de répondre à un double objectif.

Plus d’énergie : cela implique une diminution de la consommation d’énergie comparée à la RT 2012, en ayant recours à des isolants encore plus performants, mais également à l’installation d’un dispositif de production d’énergie (solaire ou éolien par exemple) pour atteindre le niveau le plus exigeant du label.
La sobriété énergétique est ainsi évaluée du niveau E1 (peu ambitieux) à E4 (maison autonome). Le dernier niveau correspond ainsi aux meilleurs performances et à une production d’électricité renouvelable supérieure aux consommation. En effet, pour obtenir le niveau E4, il est nécessaire de produire au moins 15 kWh/m²/an, puis de produire 2,58 fois tous les kWh supplémentaires consommés. Ainsi, pour une maison de 100 m² consommant 50 kWh/m²/an d’énergie primaire, il sera nécessaire de produire annuellement 100 * 15 + 100 * (50 – 15) * 2,58 = 10 530 kWh, soit la production d’une installation de 9 kWc de puissance environ. Les bâtiments de niveau E4 pourront donc être réellement considérés comme des  bâtiments à énergie positive (BEPOS). Le coefficient de 2,58 est l’objet de très nombreuses discussions, car il représente le ratio entre la quantité d’énergie primaire qui doit être produite et la consommation effective au sein d’une habitation. En clair, il a été estimé que pour consommer 1 kWh chez vous, il aura été nécessaire de produire 2,58 kWh au niveau du réseau électrique national, à cause notamment des déperditions d’énergie qui ont lieu lors de l’acheminement de l’électricité. Cependant,  pour l’électricité produite localement (grâce à des panneaux solaires), il y a beaucoup moins de déperditions, et le coefficient de 2,58 paraît alors surestimé.

Moins de carbone : le but est ici de minimiser les émissions de CO2 et de gaz à effet de serre. Le calcul de l’empreinte carbone globale du bâtiment va donc comptabiliser les émissions liées à la production des matériaux utilisés, mais aussi à leur transport ou encore au recyclage et à la gestion des déchets de chantier. Ainsi les matériaux dit “biosourcés”, c’est à dire renouvelables et d’origine naturelle, tels que le bois, le chanvre, la paille ou encore la laine, seront valorisés par rapport aux matériaux issus d’une transformation chimique ou d’un processus industriel. Dans la même logique, les matériaux produits localement, nécessitant moins de transport, pourront être privilégiés par rapport aux matériaux importés.
Sur le même principe que pour le label E+, il y aura dans le label C- deux niveaux d’émissions de CO2 (C1 et C2) qui seront mesurés par la nouvelle norme. Pour le moment les objectifs concernant les émissions de CO2 sont moins ambitieux que ceux relatifs aux consommations d’énergie, car il s’agit d’un tout nouveau paramètre à prendre en compte par les constructeurs. Chez Solaire Box, c’est un sujet qui nous tient à cœur et sur lequel nous travaillons déjà. Nous avons ainsi fait le choix de réaliser des maisons en ossature bois et de la fibre de bois comme isolant, usinés en France à partir de bois français.

 

Qualité de l’air intérieur et confort d’été

La dernière grande nouveauté de la RE 2020, à laquelle le bois est également en mesure de répondre, c’est la prise en compte de la qualité de vie et du bien-être de ses habitants. Cela englobe notamment la prise en compte de la ventilation, de la luminosité, mais aussi de l’inertie face à la chaleur pour assurer un bon confort en été. Une problématique de plus en plus cruciale lorsqu’on considère le réchauffement climatique actuel et la recrudescence des épisodes caniculaires. Les normes autour de la santé des habitants introduites par la RE 2020 concernent aussi la qualité de l’air intérieur, en grande partie liée aux matériaux utilisés lors de la construction et aux éventuels composés volatiles (COV) qu’ils peuvent émettre s’ils ont subi des traitements chimiques.

Autant d’arguments supplémentaires en faveur du bois, qui présente à la fois présente de très bonnes performances en termes de confort d’été (bonne inertie face à la chaleur et descente rapide en température en fin de journée), et qui peut être utilisé sans traitement chimique grâce aux qualités anti-fongiques de certaines essences.

 

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